
Les infections respiratoires aiguës sont parmi les motifs de consultation les plus fréquents en médecine générale. Pourtant, ces infections sont le plus souvent bénignes et se résolvent spontanément. En Belgique, les antibiotiques continuent d’être prescrits trop souvent pour ces situations, malgré les recommandations des guides de pratique fondés sur les preuves. Cette surprescription contribue à la résistance aux antimicrobiens, un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale.
Modifier les habitudes de prescription n’est pas simple : les déterminants sont multiples, allant des attentes perçues des patients aux incertitudes diagnostiques, en passant par les routines organisationnelles des cabinets. Cela était donc nécessaire d’avoir des stratégies d’implémentation adaptées, centrées sur les réalités des médecins généralistes.
Un projet centré sur l’accompagnement des médecins généralistes
Pour soutenir une utilisation plus appropriée des antibiotiques dans les soins primaires, ce projet d’implémentation, développé par un consortium de Domus Medica (coordination) et des universités d’Antwerpen, Gent, Leuven, Liège et l’ULB), a misé sur une approche collaborative : des intervisions animées par des référents locaux (RL) avec un groupe de médecins généralistes.
Au total, 42 référents locaux (RL) et 388 médecins généralistes ont été recrutés. Les RL ont bénéficié d’une formation spécifique portant sur la prescription optimale d’antibiotiques, les compétences de communication, la motivation au changement et les principes de modification des comportements. Ils ont ensuite animé quatre séances d’intervision avec un soutien continu tout au long du projet.
L’objectif était double :
Trois outils pour favoriser le changement de comportement
Pour structurer les intervisions et accompagner les professionnels, trois outils ont été développés :
Ces outils couvrent l’ensemble des dimensions nécessaires à une prescription appropriée : connaissances, attitudes, organisation, communication et prise de décision.
Ce que le projet a permis de mettre en lumière
L’évaluation du projet montre que cette stratégie d’implémentation est prometteuse, mais qu’elle nécessite certaines adaptations pour être déployée à plus grande échelle.
Plusieurs enseignements ont émergé :
Une base solide
Ce projet a permis de tester une stratégie d’implémentation réaliste, centrée sur les besoins réels des médecins généralistes et sur les déterminants identifiés de la prescription d’antibiotiques. Les outils développés, les retours des participants et les recommandations formulées constituent une base solide pour envisager un déploiement plus large et durable.
Ce projet sera d’ailleurs intégré dans le Plan d’action national « One Health » pour la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (NAP-AMR) 2026-2030. Du 6 janvier au 6 mars 2026 inclus, le SPF Santé publique organise une consultation publique à ce sujet. Vous aurez ainsi l’occasion de donner votre avis et nous pourrons en tenir compte lors de l’élaboration du plan définitif.
Coordination du projet :
Chargés de projet :
Consortium dirigé par Domus Medica, avec le Département de médecine familiale et de santé de la population de l’Université d’Anvers, le Département de santé publique et de soins primaires de l’Université de Gand, le Centre académique de médecine familiale de la KU Leuven, le Département des sciences cliniques, Médecine générale et soins primaires et santé d’ULiège et le Département de médecine générale de l’ULB.
Années de mise en oeuvre :
2022-25
Durée :
28 mois
Groupe professionnel concerné :
Médecins généralistes